Mon enfant va-t-il parler plus tard si je signe avec lui ?

Dans cet article, je vais essayer de vous répondre au mieux à une question qu’on me pose presque systématiquement au sujet de la langue des signes pour bébé quand je dis que j’anime des ateliers Signes avec bébé.  A savoir : « les signes retardent-ils l’apparition de la parole ? »

Je ne sais pas pourquoi, mais certaines personnes pensent qu’en mettant en place un moyen de communication gestuelle avec son enfant ce dernier prendra du retard dans son acquisition du langage oral. « Parce que oui, vous comprenez s’il peut s’exprimer par signes, il ne fera pas l’effort de parler. »

Personnellement, avant que l’on ne me pose cette fameuse question, l’idée ne m’avait jamais traversé l’esprit. Peut-être parce que j’ai eu l’occasion de mettre en place et d’exploiter la langue des signes, tant dans mon parcours professionnel qu’avec mes propres enfants, tout en observant les bénéfices que pouvait apporter cet outil.

A travers cet article, voici quelques pistes afin de vous accompagner dans votre réflexion et en rassurer certains sur le fait qu’utiliser la langue des signes avec son enfant n’engendre pas de retard au niveau de l’acquisition du langage oral.

Tous les enfants signent

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais dans la vie de tous les jours, vous signez déjà et votre enfant aussi. Et oui, avant de savoir parler les enfants rentrent dans une période préverbale, marquée par l’utilisation de la communication gestuelle (pointer du doigt, dire au revoir de la main, applaudir,…). Cette étape intermédiaire qui intervient chez TOUS les enfants, leur permet d’arriver, à leur rythme, à la prochaine étape du langage qui est l’oralisation.

Cette forme de communication est cependant limitée puisque nous possédons, nous adultes, peu de gestes à transmettre à nos enfants. L’idée est alors d’utiliser la langue des signes de Suisse Romande (Chaque pays possède sa propre langue des signes, mais j’y reviendrai avec un prochain article), qui est une langue très riche, visuelle et imagée pour enrichir le répertoire de votre enfant et lui permettre ainsi d’exprimer encore plus de choses.

Les signes sont un moyen de communication transitoire

Les signes sont au langage ce que le quatre-pattes est la marche ! J’aime utiliser cette image qui parle facilement d’elle-même

Le bébé utilise le 4 pattes pour se déplacer avant de savoir marcher tout comme il utilise les signes pour communiquer avant de savoir parler. Une fois que l’enfant se sent prêt, le 4 pattes laisse gentiment place à la marche et les signes s’effacent naturellement devant les mots.

Les signes restent donc un moyen de communication transitoire et il faut voir cet outil comme une passerelle vers l’acquisition du langage oral.

On accompagne et on soutient le langage oral avec les signes

La langue des signes est une langue à part entière qui comprend sa propre syntaxe. Afin de ne pas perturber l’apprentissage du langage, quand on signe avec bébé on utilise toujours la syntaxe de la langue française. On fait ce qu’on appelle du Français-signé.

Et surtout, on associe toujours le geste à la parole. Les gestes deviennent alors un support pour accompagner et souligner ce que l’on dit oralement.

Dernière chose, quand on signe avec les bébés on garde les gestes usuels de communication que nous utilisons déjà afin de ne pas venir perturber le langage (non verbal). Par exemple, on gardera le hochement de tête pour dire oui ou non ou bien encore nous applaudirons en tapant nos deux mains l’une contre l’autre à la place d’instaurer les signes correspondant de la langue des signes.

Ce qu’en disent les études sur le sujet

La littérature sur la communication gestuelle avec les bébés est encore restreinte pour l’instant en Suisse. Cependant, certains chercheurs américains se sont déjà penchés sur la question des bénéfices liés à l’utilisation des signes avec les bébés et notamment sur le développement de capacités cognitives et langagières.

Ainsi les études menées par Linda Acredolo et Susan Goodwyn tendent à prouver que l’emploi des signes pour communiquer avec les enfants est naturel et fait partie du développement langagier de celui-ci. Pour ces dernières, les signes ne sont pas un frein ont langage et au contraire les « enfants signeurs » parleraient plus tôt avec un vocabulaire plus large, plus précis et leurs phrases seraient plus longues.

Gwyneth Doherty Sneddon évoque dans une étude, l’utilisation des signes en tant que mesure préventive pour les enfants ayant des retards au niveau langagier. Cela montre que les signes ne sont pas là pour freiner le développement du langage oral mais au contraire ont pour but de favoriser la communication et le développement du langage. D’ailleurs, aujourd’hui en Suisse, la langue des signes est couramment utilisée par des professionnelles du langage comme des logopédistes pour aider leurs patients.

Valorisation du lien d’attachement entre le parent et son enfant

Les bénéfices liés à l’utilisation des signes avec les enfants ne s’arrêtent pas seulement au domaine langagier et pour moi, le plus important reste l’impact positif qui se créer entre un parent et son enfant.

Quand on décide de signer avec son bébé ce sont toutes les bases de notre communication qui se retrouvent chamboulées. Et là, on valorise à fond le lien d’attachement qui est si important dans les premières années de vie d’un enfant.

Bébé grandit, comment adapter le massage à ses besoins

Aujourd’hui je voulais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur et que j’ai nommé : la crise du massage. Vous savez, cette période où votre enfant que vous massez depuis sa naissance préfère aller explorer le monde, plutôt que de rester bien calme et profiter du massage que vous lui prodiguez. Et bah ça y est, cette crise que j’ai vécue avec Grand Bibou je la vis maintenant avec mon petit dernier…

La bonne nouvelle, les massages peuvent être adaptés aux enfants plus grands et poursuivis avec des adolescents pour ainsi faire perdurer le toucher sain et nourrissant et les moments de complicité avec son enfant.

Je vous livre ici quelques idées de mise en pratique. 🙂

L’enfant qui commence à se déplacer au sol

Il y a de fortes chances pour que votre enfant ne se laisse plus facilement masser une fois qu’il commence à explorer son environnement. Curieux, il ne peut résister à l’appel du monde et rester calme pendant la durée d’un massage ne fait pas partie de ses priorités du moment.

Durant cette période, vous pourriez penser que bébé n’aime plus les séances et arrêter à tort de lui proposer des massages. Pourtant, il suffit parfois de réadapter sa pratique afin de faire changer la donne. Vous voilà donc partis pour des séances de massage en mouvement. Durant cette période, il vous faudra user de patience et de souplesse… physique.

Mettez-vous à hauteur de votre enfant et suivez-le dans ses mouvements en massant les parties du corps qui se présentent. Vous observerez que bien souvent, votre enfant ne refusera pas le massage bien qu’il soit occupé à tout autre chose.

Une autre astuce, c’est d’utiliser les comptines durant les massages. Les enfants aiment énormément le fait que les gestes soient associés à un bruit ou à une comptine spécifique.

Vous pouvez également essayer de changer l’horaire auquel vous avez instauré la routine de massage. Ainsi, au lieu de pratiquer ce rituel après le bain, par exemple, vous pouvez essayer de masser votre enfant durant le moment de calme avant l’heure du coucher.

L’enfant qui marche

Une fois que l’enfant a acquis la marche, cela devient à nouveau plus facile pour lui de recevoir un massage de la part de son parent. Alors n’hésitez pas à tenter plein de propositions de massage. En réinvestissant ce moment de partage votre enfant (re)viendra par la suite de lui-même vous en réclamer. 😉

Continuez d’effectuer la routine de base sous forme de comptine ou de jeu en nommant les différentes parties du corps, en comptant les doigts, les orteils… Cela vous aidera à retenir son attention et stimulera l’éveil de tous ses sens tout en favorisant la communication entre vous.

Dernière chose très importante, pensez à lui demander la permission avant de lui masser une partie de son corps. Demandez-lui également toujours s’il est d’accord que vous lui enleviez son pull, son pantalon ou bien encore sa couche…

Cette expérience de respect précoce entre vous et votre enfant est très importante, car elle lui permettra plus tard de distinguer les gestes d’une relation affective normale, d’un contact inapproprié et malsain. Le message : Je mérite d’être respecté, personne ne touche à mon corps si je n’en ai pas envie.

Le pré-adolescent et l’adolescent

Il est tout à fait possible de continuer à masser et de garder ce lien privilégié du toucher à tout âge. Cependant, il peut être plus difficile de masser un adolescent, qui pourrait se sentir embarrassé.

Focalisez-vous sur les parties du corps comme les pieds, la tête, les mains et restez à l’écart de toutes parties du corps plus intime, comme le ventre ou la poitrine chez les filles par exemple. Sachez également que les ados préfèrent être allongés sur le ventre plutôt que sur le dos pour être massés.

Dernier conseil, trouvez des moments prétextes pour masser votre ado. Après le sport pour le détendre, avant un examen pour le déstresser… Et surtout, profitez à fond de ces moments privilégiés pour instaurer un dialogue avec votre enfant. 🙂

Ah, si seulement j’avais connu le portage plus tôt !

Grand Bibou a eu dès sa naissance des besoins de proximité très intenses. Et pour répondre à sa demande, ainsi qu’à la mienne également je l’avoue, je l’ai porté. Beaucoup porté même… mais à bras. Et c’est sûr que porter son bébé toute la journée à la force de ses bras ce n’est pas facile, ça pèse et on se sent vite limité dans les gestes du quotidien.

Première expérience de portage
 
Alors j’ai fait comme beaucoup d’entre nous, je suis allée regarder des vidéos sur Youtube et je suis tombée sur une tonne de tutos sur le sujet. (C’est fou ce qu’on peut en trouver sur internet aujourd’hui). J’ai donc essayé de porter grand Bibou, tant bien que mal, avec les informations dont je disposais à ce moment. Mais autant vous dire que j’ai vite abandonné, faute d’un mauvais emploi du système de portage.
 

Quand on se retrouve comme moi, novice dans l’art de porter son enfant, on a vite fait de choisir une écharpe de mauvaise qualité, car souvent moins chère et de se tourner vers un nouage peu adapté à notre écharpe et à la physiologie de notre bébé. Cette façon de procéder ne peut que mener vers l’abandon de l’utilisation d’outils de portage. Mais ça, je ne l’ai compris que bien plus tard.

Parce que oui, porter et surtout bien porter ça s’apprend

Tout d’abord, il existe sur le marché une multitude de systèmes de portage. Des écharpes tissées, tricotées (100% coton ou comportant de l’élasthanne), des Slings, des portes-bébés (hybrides, préformés), les mai-tei… Et tout autant de nouages différents.

Le nouage choisi ne sera effectivement pas le même avec écharpe tissée et une écharpe tricotée ou bien avec un nouveau-né et un enfant de plusieurs mois. De plus, tous les modes de portage ne conviennent pas à tout le monde.

Mais il y a surtout des règles de sécurité à observer quand on porte son bébé, et ces dernières ne sont pas innées

J’ai donc décidé de me former

A la naissance de mon deuxième enfant, mon envie de porter et de sentir mon bébé blotti tout contre moi a été très intense. Je crois au fond que cette première expérience ratée a laissé en moi comme un goût d’inachevé et j’ai ressenti le besoin d’y remédier en faisant, cette fois-ci, les choses correctement.

Je me suis formée et été certifiée auprès de l’Association Suisse en Portage pour Bébé et je peux vous dire que cette formation s’est révélée indispensable pour me sentir en confiance dans l’art du portage. Aujourd’hui Petit Bibou a grandi, mais je le porte toujours activement et je suis fière de vous annoncer que même son grand frère vient me demander des séances de câlinage avec le Sling. 😊

Clairement, le portage est devenu essentiel dans ma vie de tous les jours de maman. Il me permet de continuer à passer du temps avec mon aîné sans pour autant mettre de côté mon petit et m’aide à consolider le lien d’attachement (qui m’est si cher) avec mes enfants.

Atelier « Porter bébé »

S’il y a une chose que je suis sûre, c’est que faute d’accompagnement personnalisé et de conseils adéquats on peut vite se retrouver à employer de manière inadaptée les systèmes de portage existants. Et parfois même, abandonner (trop) vite le portage. Et ça c’est vraiment dommage !

Le portage physiologique est un atout dans notre vie de jeunes parents et je souhaite pouvoir vous accompagner au mieux sur ce chemin en vous proposant des ateliers « porter bébé » afin que vous puissiez découvrir des moyens de portages et des nouages différents pour trouver celui qui répondra au mieux à vos besoins et celui de votre enfant.

Quelles huiles de massage pour mon bébé?

L’huile est un ingrédient indispensable dans la pratique du massage avec les bébés. Elle va en effet permettre d’éviter l’effet de friction qui pourrait irriter la peau en pratiquant les mouvements du massage, mais elle va aussi permettre d’assouplir la peau de votre enfant ainsi que la nourrir en profondeur. Pour cela, l’huile que vous allez utiliser pour masser votre bébé a toute son importance.

Différence entre les huiles végétales et les huiles de synthèse

On retrouve sur le marché deux catégories d’huile. Les huiles végétales et les huiles minérales. Les huiles minérales sont les huiles du commerce dites « pour bébé ». Elles sont des dérivés du pétrole et produites en laboratoire. Elles ne possèdent aucune propriété intéressante pour la peau et sont donc à proscrire. De plus, elles ont souvent un parfum chimique, beaucoup trop stimulant, qui va venir biaiser le lien d’attachement entre votre enfant et vous-même. Enfin, ces huiles ne sont pas comestibles donc à éviter particulièrement avec les bébés.

Vous l’aurez compris, on se tournera donc vers les huiles végétales pour masser son bébé. Ces dernières possèdent un réel intérêt nutritionnel, car elles contiennent des vitamines telles que E, A, B1, B2 et B6 et elles sont comestibles. Les huiles végétales auront également l’avantage de permettre un massage en profondeur sans pénétrer tout de suite dans la peau. On évite ainsi d’interrompre sans arrêt le massage pour remettre de l’huile et donc de biaiser le lien et les moments intenses qui peuvent se créer lorsque l’on masse son enfant.

Quelle huile choisir

Huiles de tournesol, de pépin de raisin, d’amande douce, de colza, d’avocat, de noyau d’abricot… la liste est longue et le choix dépendra de vos préférences ; textures, odeurs, absorptions, vertus. N’hésitez pas à en tester plusieurs avant de vous décider.

Personnellement, j’ai une préférence pour l’huile de noyau d’abricot qui est une huile sèche, légère, quasiment inodore et qui pénètre bien la peau.

Finalement quel que soit votre choix, pensez à choisir une huile certifiée biologique et pressée à froid afin que les vitamines restent intactes. Pensez également à utiliser une huile ayant le moins d’odeur possible. Votre enfant doit pouvoir reconnaître votre odeur lors du massage, car c’est notamment par ce biais que le lien d’attachement se crée et se construit.

Quelques précautions d’usage

Faites attention aux huiles provenant de fruits à coque (huile d’amande douce, de noisettes, …) pour les tout-petits. Ces dernières pourraient comporter des risques allergies. Pensez toujours à la tester sur une petite zone de peau pour être sûr avant de débuter le massage.

On évite également les huiles essentielles qui sont utilisées pour des bienfaits thérapeutiques et qui peuvent être dangereuses pour les tout-petits.

Voilà,
maintenant que vous savez quelles huiles utiliser pour masser votre bébé, place
à la pratique ! En vous souhaitant de doux moments de massage et de complicité
avec votre bébé…