Lorsque l’on veut être dans un maternage proximal, on a souvent envie d’allaiter son bébé à la demande, de partager son sommeil, de le porter… mais il est une pratique dont on parle peu : l’hygiène naturelle infantile (HNI).

Natacha Guillaume blogueuses investie du site heureux sans couches et de la page Facebook portant le même nom est la référence francophone de cette décennie en Hygiène Naturelle Infantile Pour nous, elle a écrit un article qui retrace ses débuts dans l’aventure de l’HNI

C’est quoi l’hygiène naturelle infantile?

Bébé nous dit quand il a faim, sommeil ou besoin d’être cajolé. Il sait aussi nous dire quand il veut faire pipi ou caca, pas de différence. Le parent pratiquant la HNI affine sa manière de repérer les d’élimination ainsi que les rythmes et habitudes de son bébé. Il peut aussi se sentir tellement connecté qu’il se base uniquement sur son intuition afin de savoir quand son bébé veut éliminer. Il peut ensuite, le cas échéant, lui suggérer de faire dans un pot, une bassine ou aux toilettes en le tenant en position. Cette pratique vise, entre autres, à réduire voire à éliminer l’utilisation des couches.

L’hygiène naturelle consiste à comprendre tout ce que le bébé veut dire à ce sujet afin de l’aider à éliminer hors de sa couche, qu’il grandisse de manière saine et que ses parents le comprenne toujours plus dans sa manière de communiquer ses besoins. Cette technique vise également à réduire voire à éliminer l’utilisation des couches.

Oui, c’est possible. Plus de la moitié des parents du monde fonctionne de cette manière.

Ma  grossesse à rêver d’hygiène naturelle

Quand ma fille est née, je suis tombée très malade. Et mon projet d’allaitement est tombé à l’eau. Vous savez ce que c’est, on imagine plein de belles choses quand on attend impatiemment ce bébé. Puis quand il arrive, c’est magique! Mais c’est pas toujours comme on l’avait imaginé…

Et heureusement, car un tel chamboulement, c’est inimaginable ! Et ça ne serait pas aussi énorme si on pouvait l’imaginer. Je pense qu’on est tous, nous les parents, d’accord sur ce point.

J’avais également envie de tenter l’hygiène naturelle infantile avec mon bébé, et je pensais que ce ne serait pas possible, car l’allaitement me prendrait trop de temps. La vie en a décidé autrement.

J’ai pu débuter la HNI

Ça a été une expérience très riche d’apprentissage. Surtout que je ne connaissais personne qui en avait fait autant.

J’ai, un jour, dit à ma meilleure amie que ma fille ne faisait jamais caca dans sa couche. Je crois que je n’oublierai jamais sa réaction. Surprise, étonnée, admirative peut-être, mais surtout curieuse d’en savoir plus !

J’ai voulu tenter cette approche car j’étais moyennement partante pour que ma fille soit en contact avec ses déjections, ne serait-ce que pour quelques instants. Ni que ses parties génitales soient en contact avec des produits chimiques.

Ce qui m’a convaincue

Il y a les couches lavables, vous me direz ! Oui, j’ai bien essayé, mais primo, ma fille n’est rapidement plus entrée dedans, je la trouvais à l’étroit, enserrée, et puis c’est assez épais et ça la gênait dans sa motricité, et secundo, la lessive et moi, ça fait deux ! J’ai expérimenté et vu ce que ça a donné, et je me suis vite laissée déborder. C’est bien dans le fond, mais il en faut beaucoup, quand on compte le lavage, plus le séchage hors sèche-linge pour les inserts, car ça les abîme.

J’ai trouvé cependant que les couches lavables étaient un formidable atout pour la HNI, car les couches ne sèchent pas comme celles qui sont jetables. Ça aide l’enfant à rester connecté avec son élimination, et avec les sensations qui vont avec. Mais ça reste une couche, c’est imperméable, et les parties génitales macèrent dans un lieu chaud et humide, ce qui favorise l’apparition de mycoses pour les petites filles, de problèmes de stérilité dans le futur pour les petits garçons, et d’érythèmes fessiers pour les deux sexes, pas de jaloux.

Ce qui me rebutait dans le fait de mettre des couches à ma fille était aussi que je savais qu’elle avait conscience de son élimination, et que si je tentais d’entrer en communication avec elle sur ce sujet, je pourrais apprendre d’elle et l’aider à éliminer hors d’une couche.

Ce que TOUS les parents doivent faire à un moment ou un autre.

Mes débuts en hygiène naturelle

J’ai débuté l’HNI en utilisant des couches lavables, et quand ma fille était allongée sur le tapis d’éveil (rarement), je mettais une alèse imperméable sous ses fesses. Les rares fois où j’ai tenté l’expérience pendant le sommeil, la peau d’agneau absorbait le pipi.

Rapidement, j’ai décelé des signaux, surtout pour le caca. Évidemment, c’est le plus simple. Ma fille poussait assez fort, surtout qu’elle était pas mal constipée. Les « accidents » de caca n’arrivaient donc jamais.

Pour le pipi, ça m’a paru beaucoup plus subtil. Au début, j’ai beaucoup suggérée à ma fille de faire. Il s’agit de proposer au bébé d’éliminer en utilisant un mot, un signe ou un son comme « psss » pour inciter son enfant à éliminer. On suggère quand on conclut qu’il veut éliminer grâce à son intuition, que ça correspond à son rythme et à ses habitudes  (après la sieste par exemple), ou qu’on croit avoir décelé un signal de sa part. Ça a très bien fonctionné !

Mes galères pour comprendre certaines choses

Les bébé coopèrent

Les bébés veulent coopérer avec leurs parents. Ce ne sont pas des poupées qui ne comprennent rien ni ne sentent rien. Lorsqu’un bébé a faim ou soif que fait-il ? Et lorsqu’il est fatigué ?

On est tous d’accord pour dire qu’il pleure. En général, il émet d’autres signaux avant de pleurer, mais plus subtils, et si personne ne lui répond, il fait comme tout le monde, il le dit plus fort. Parce-que c’est nécessaire à sa survie. Pourquoi est-ce que ça serait différent pour ses besoins d’élimination ? Il n’y a rien de différent.

Respecter le besoin d’hygiène du bébé

Un bébé a besoin d’avoir les parties génitales propres, afin de ne pas contracter de maladies. Mais comme nous vivons dans une société où nous pouvons nous laver, voire décaper pour certains, les maladies en question restent bénignes la plupart du temps.

Les parents savent et choisissent pour l’enfant

De plus un bébé fait confiance à ses parents. Si ses parents veulent et lui demandent de se faire dessus, le bébé se fera dessus. Et en oubliera ses besoins d’élimination, car il peut survivre en l’état avec les moyens « hygiéniques » que nous possédons.

Ce que nous croyons c’est qu’il suffit de nettoyer ces parties puisque l’enfant se fera naturellement dessus jusqu’au jour où il apprendra à aller aux toilettes, et que rien d’autre qu’un érythème fessier ne peut lui arriver. C’est totalement faux, bien-sûr. Affaire à suivre…